La plus ancienne correspondance privée de l’humanité, écrite sur des tablettes d’argile cunéiformes, il y a 4000 ans, vient d’être mise au jour par les archéologues. Elles prouvent la présence centrale des femmes dans le commerce international, en Mésopotamie, loin de l’image de la femme au foyer.
Le saviez-vous ?
L’écriture cunéiforme (symboles en forme de coins) a été inventée par les Sumériens dans la seconde moitié du IVe millénaire av. J.-C.
Ces correspondances, écrites ou reçues par les femmes, livrent des récits troublants d’actualité. Elles racontent les mariages et les divorces, le commerce et la fraude fiscale, le métier d’éleveuse ou de tisseuse.

La plus ancienne correspondance privée de l’humanité
Cécile Miche, historienne et archéologue, spécialiste de la Mésopotamie, a réuni la plus ancienne correspondance privée de l’humanité. On y fait la rencontre de Suhkana, Kunnaniya, Lamasha ou encore Hattitum, au total une trentaine de femmes, qui vivaient entre Assour (actuelle al-Charqat, dans le nord de l’Irak) et Kanesh (actuelle Kültepe, en Turquie), où vivaient des familles de commerçants qui partaient parfois pour plusieurs mois à des centaines de kilomètres de chez eux, afin de vendre des étoffes, de l’huile, de l’étain, des épices. L’écriture était donc le seul moyen de garder le contact.
6 semaines pour parcourir 100 km
« Les tablettes sont placées dans des enveloppes d’argile, fermées, puis scellées à l’aide d’un petit sceau cylindrique, témoin de l’identité de l’expéditeur », précise le Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Les enveloppes étaient ensuite transportées à dos d’âne. « Une caravane classique mettait environ 6 semaines pour parcourir 1000 km« , indique Cécile Michel.
Ces lettres témoignent ainsi de toute une organisation sociale et économique très moderne, dans laquelle existaient déjà des chèques au porteur, par exemple. On y découvre également que les contrats de mariage sont, dans certaines régions, d’une étonnante modernité : le mari et la femme jouissent de droits égaux et tous deux peuvent demander le divorce.

Ces lettres permettent, en outre, de reconstituer la vie des femmes de Mésopotamie qui doivent à la fois gérer leur maisonnée, représenter les intérêts de leur mari absent, payer les taxes dues aux autorités et accomplir les obligations religieuses pour la famille.

Sources : CNRS & Radio France.
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