« Zombis : la mort n’est pas une fin ? » au musée du Quai Branly : une exposition qui donne la chair de poule…

Note : 3/5

« Zombis : la mort n’est pas une fin ? ». Un titre aguichant. Prometteur. La déception n’en fut que plus grande.

Non pas que l’exposition ne soit pas fournie, mais l’agencement nous a semblé assez hasardeux, une impression de « fourre-tout » où on a eu du mal, on doit bien l’admettre, à tout comprendre… La thématique, fascinante, aurait méritée une meilleure introduction au sujet. On passe en quelques pas des zombis à l’esclavage en passant par le vaudou, des enjambées quelque peu trop rapides à notre goût pour bien en saisir le sens.

L’exposition avait pour ambition d’emmener le visiteur en Haïti, sur les traces d’un véritable mythe, loin de « Walking Dead » et « Wolrd War Z ». Oui mais voilà, on s’est perdu en chemin…

L’exposition explore les origines d’une figure largement représentée par le cinéma d’horreur et la littérature en proposant une plongée aux racines anthropologiques de la zombification. Le zombi, le vrai, est afro-caribéen, issu du vaudou haïtien.

En Haïti, la figure du zombi prend forme en marge de la culture vaudou, via les pratiques de ses sociétés secrètes qui avaient (ont) un rôle judiciaire. Ce sont elles qui étaient (sont) chargées de la zombification. Si un « malfaiteur » était jugé coupable, un châtiment pire que la mort l’attendait alors : celui de devenir un « zombi ».

Dans le vaudou haïtien, le zombie est une personne victime d’un bokor (prêtre vaudou), plongée dans un état cataleptique (c’est à dire dans un état de mort apparente) par administration d’une puissante drogue à base de tétrodotoxine. La victime, qui passe alors pour morte, est ensuite enterrée. Au bout d’un certain temps (moins de 24 heures sous peine de mourir d’ anoxie), le prêtre vaudou revient déterrer le corps de sa victime « à ressusciter » tout en récitant diverses formules « magiques ». Extrait de sa tombe, il lui administre aussitôt, puis encore le lendemain, une pâte ou un liquide à base d’atropine ou de datura, une sorte de contrepoison. Puis il lui donne une drogue hypnotique qui rend la victime amnésique et la réduit en esclavage, cet état étant facilité par les lésions cérébrales hypoxiques dues au manque d’oxygène dans le cercueil.

Désormais privé de libre arbitre et de la liberté, le zombi, la plupart du temps envoyé de l’autre côté de l’île, va survivre au service du bokor dans les champs de canne à sucre, une usine ou une habitation. Son état d’hébétude sera entretenu par une privation de sel. La mort du bokor ou une interruption de ces traitements aboutira à son relatif réveil et à son possible retour vers la liberté.

Une exposition certes instructive mais « légèrement » traumatisante on en conviendra…

Le parcours est jalonné d’objets et reconstitutions en tous genres : reconstitution d’un temple vaudou ou encore d’un cimetière où l’on peut retrouver de nombreuses offrandes, représentations des divinités vaudou comme le Baron Samedi et Dame Brigitte, poupées vaudous, céramiques rituelles, etc.

L’exposition nous raconte ensuite l’histoire de différentes personnes qui auraient été victimes de zombification, à l’instar de Clairvius Narcisse, déclaré mort le 2 mai 1962. En 1980, soit 18 ans plus tard, un homme aurait accosté la sœur de Clairvius Narcisse et se serait présenté comme son frère et aurait raconté avoir été victime de zombification de la part d’un bokor sur commande de son propre frère à la suite d’une affaire d’héritage. Il aurait raconté qu’après avoir été frotté par une « poudre de zombie », il aurait assisté impuissant à son propre enterrement, déclarant pouvoir voir et entendre mais ni parler, ni ressentir. Après son enterrement, on l’aurait déterré puis forcé à travailler en tant qu’esclave dans une plantation avec d’autres zombies…


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2 réflexions sur “« Zombis : la mort n’est pas une fin ? » au musée du Quai Branly : une exposition qui donne la chair de poule…

  1. phenomenalfa128b87c0 dit :
    Avatar de phenomenalfa128b87c0

    Pour les plus curieux, poursuivez avec la lecture de Philippe Charlier «Enquête sur les morts vivants» éd. Taillandier. Une enquête nourrie et rare, tant il est difficile d’approcher cette face plus que cachée du Vaudou haïtien.

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