Coup de gueule !

Les internautes qui plébiscitent le remplacement de Christine Angot dans l’émission On n’est pas couché, diffusée sur France 2, par Claire Chazal : je dis oui oui et re oui !

N’ayant pourtant pas la télévision depuis une bonne quinzaine d’années, je n’ai pas pu échapper à la violence du clash télévisuel, qui s’apparentait davantage à un lynchage médiatique pur et simple qu’à un quelconque échange constructif, entre Christine Angot et Sandrine Rousseau le 30 septembre dernier.

Venue défendre la cause des femmes victimes d’agressions sexuelles et de viols et les inciter à libérer la parole, après sa plainte contre Denis Baupin, l’ancienne élue écologiste Sandrine Rousseau  a subi les foudres assassines de Christine Angot et Yann Moix, les deux chroniqueurs d’On n’est pas couché.

 “J’aurais voulu voir l’agression, « déplore » Yann Moix. Je vous ai beaucoup entendu beaucoup parler sur cette violence, mais très étrangement, et avec tout le respect que je vous dois, je n’ai pas senti cette violence.” WTF ???!!!!! En ce qui me concerne, là je la sens la violence. La violence d’un propos aussi abject qu’odieux ! En 2017, M. Moix qu’avez-vous besoin de plus que le témoignage d’une femme sur un plateau pour « sentir la violence » d’un viol ?! D’un dessin, d’une position, de cris, de sang ?!

Victime de viols à répétition tout au long de son enfance et adolescence, Christine Angot est particulièrement concernée par le sujet qui est traité sur le plateau (un peu trop peut-être ?).

« […] mais est-ce que vous comprenez pour autant ce que c’est que le viol, un viol ?! Le viol, ça n’existe pas, vous parlez du viol et de la parole sur le viol.” Je dois vraiment être à côté de la plaque, et moi qui pensais que l’important était d’en parler ! Sandrine Rousseau visiblement émue, touchée, blessée, les larmes aux bords des yeux : Ce livre est juste une main tendue aux femmes, pour leur dire que c’est un moyen de sortir des histoires que de parler.” Continues Sandrine ! Nous derrière l’écran on a juste envie d’arriver sur la plateau et de te soutenir !!!

 “Formées pour accueillir la parole ? Mais qu’est-ce que j’entends ? Formées pour accueillir la parole ? Moi je retourne dans ma loge, c’est pas possible ! Je ne peux pas entendre des trucs pareils ! Essayez de le comprendre ! Je ne peux pas entendre ça ! Je ne peux pas. C’est un bla-bla ! Mais arrêtez ! “ Et bien retournes dans ta loge ! Au regard des nombreux témoignages rapportés par des victimes d’agressions sexuelles, il ne semble pas si évident d’en parler ni même d’aller déposer plainte…C’est une vraie question posée ici par Sandrine Rousseau : comment policiers et gendarmes sont-ils formés pour recueillir la parole ?

“Mais évidemment qu’il y a personne ! Non ! ça n’existe pas, il faut se le mettre dans la tête. […] On se débrouille ! C’est comme ça ”, poursuit la chroniqueuse. Pas certaine que l’humiliation cathodique et le lynchage médiatique encouragent les femmes à parler…Sandrine Rousseau a osé en parler à travers un livre, ce que semble lui reprocher les deux inquisiteurs qui s’arrogent l’exclusivité de l’écrit littéraire. Alors appelons ça un « bouquin », un « cahier », un « manuscrit », un « recueil », un « grimoire », tout ce qu’ils veulent au final du moment que la sémantique n’occulte pas l’essentiel, la substance. A Yann Moix de l’attaquer sur les termes de « discours » et « parole » : n’est pas Deleuze ou Girard qui veut et pas sûre que Yann Moix ait l’étoffe d’un grand philosophe !

Christine Angot, VOUS avez choisi l’écriture comme exutoire, l’introspection comme thérapie. Toutes les souffrances ne sont pas dicibles à travers l’Art : tout le monde n’en a pas le talent et/ou l’envie.

S’il évident que ce sont deux sincérités qui se sont exprimées ce soir là sur un plateau, deux sincérités qui ont choisi, chacune à leur manière de parler, cela ne méritait pas autant de violence ni d’acharnement de la part de Christine Angot. Les spectateurs se sont retrouvés au cœur de l’arène cathodique à juger qui de Rousseau ou d’Angot avait raison, à choisir son « camp », mais le fond du problème n’est pas là ! 5 jours après la diffusion de l’émission, l’affaire Weinstein éclate et avec lui son retentissement mondial et une libération notoire de la parole des femmes sur les réseaux sociaux. Maintenant est-ce aux réseaux sociaux de prendre le pas sur le Législatif et le judiciaire, ça c’est un autre débat…


En savoir plus sur Les bonnes nouvelles au fil de Lau...

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

Laisser un commentaire