« Si quelque chose devait me manquer, ce ne serait plus le vin, ce serait l’ivresse »

Extrait d’Un singe en Hiver d’Henri Verneuil (1962).

« Vous avez le vin petit et la cuite mesquine »

« Ah parce que tu mélanges tout ça toi : les grands Ducs et  les boit-sans-soif, les Princes de la cuite, les seigneurs, ceux avec qui tu buvais le coup dans le temps mais qui ont toujours fait verre à part. Dis-toi bien, que les clients et toi, ils vous laissent à vos putasseries les Seigneurs : ils sont à cent mille verres de vous ! Eux, ils tutoient les anges ! »

Extrait d’Un singe en Hiver, d’Henri Verneuil (1962).

Haha ! « Les vieux de la vieille » : scène culte !

Extrait de Les vieux de la vieille, réalisé par Gilles Grangier (1960).

Des silences qui parlent

1’58 de pur cinéma ! Une petite scène d’à peine 2 mn, aucun dialogue qui ne sort de la bouche des acteurs et pourtant on comprend dans leurs gestes et regards ce qui est en train de se jouer. Réalisé en 1984, le film a été réalisé par Eric Rohmer. La lumineuse Pascale Ogier (l’actrice principale de cette scène) mourra d’une crise cardiaque deux mois après la sortie du film.

« La Politique, Messieurs, devrait être une vocation […] mais pour le plus grand nombre elle est un métier »

En immersion au cœur de la psychiatrie

Mercredi 29 novembre, sortira en salle 12 jours, le tout dernier film-documentaire du génialissime Raymond Depardon. Pour la première fois, la parole sera donné à des patients hospitalisés en psychiatrie sous contrainte. Le documentariste est le seul à avoir obtenu l’autorisation de filmer et de recueillir les paroles de ceux qui ont un jour été hospitalisés sans leur consentement. Depuis une loi de 2013, les personnes internées doivent, dans les 12 jours après leur hospitalisation, être présentées à un juge. Ce sont ces moments rares que le réalisateur a choisi de filmer. Les critiques font d’ores et déjà de ce documentaire un petit chef d’oeuvre d’Humanité. Verdict mercredi !

Le sens de la fête

Pour les inconditionnels de Bacri, son seul nom au casting d’un film suffirait à accorder à celui-ci un gage d’excellence. Le M. Grognon du cinéma français a depuis longtemps déjà fait ses preuves.

Dans Le sens de la fête, Jean-Pierre Bacri campe le rôle de Max, traiteur depuis trente ans. Cette fois-ci, il va devoir organiser le mariage de Pierre et Héléna dans un somptueux châteaux du XVIIème siècle. Il convoque son service habituel : sa brigade de serveurs, un orchestre, les cuisiniers, un photographe, etc. Mais tout ne va pas se passer comme prévu…

On l’aura compris, ce mariage n’est qu’un prétexte à la mise en lumière de ceux qui sont habituellement dans l’ombre.

Le duo Nakache/Toledano nous avait habitué à la comédie française populaire (au sens noble du terme) devenue succès de l’été (Nos jours heureux, Intouchables). Le Sens de la fête ne déroge pas à la règle : un rythme soutenu, un scénario sans grande surprise mais non moins plaisant, des acteurs au top de leur forme (avec Bacri en chef de file!), une certaine justesse de son.

On regrettera toutefois des personnages un tant soit peu caricaturaux (le photographe de l’ère de l’argentique vantard et désabusé d’un temps dorénavant révolu, le musicien raté mais attachant, la banlieusarde en manque de cadre, la patron grognon au grand cœur, la belle-doche bourgeoise et en manque d’amour, le marié totalement insupportable, etc.) mais toutefois attachants. Et c’est sans doute ici que le tandem Nakache/Toledano parvient à tirer son épingle du jeu malgré un scénario un peu trop démuni à notre goût. On regrettera également que la sublime Suzanne Clément (magistrale dans le rôle Kyla dans Mommy de Xavier Dolan) ait été relayée au rang de « simple » maîtresse. Un rôle qui lui confère une quasi invisibilité qui n’est pas à la hauteur de son talent.

Sans être le « film du siècle », Le sens de la fête permet de passer un agréable moment tendre et réjouissant.

On conseille !

Laura